Noël est bientôt là. Les guirlandes - mises en place pour certaines depuis début novembre - s'allument finalement ; des sapins, ornés de décorations tapageuses, fleurissent un peu partout. Bref :
les vacances, les bonnes bouffes et les cadeaux ne sont pas loin.
Quand j'étais petite, je pensais que tout le monde ne pouvait que se réjouir de faire la fête. Mais depuis quelques années, les choses ont changé et j'ai dû revoir ma copie. J'attends désormais
avec angoisse le mois de décembre, car je sais qu'ils vont être partout, tristes créatures terminant leurs vies tragiques sous les regards indifférents des passants. Moi, en tout cas, je les
vois.
Je parle, bien évidemment, des pères Noël.
Déjà, quand j'étais petite, je pensais qu'il n'y en avait qu'un, de père Noël. Force est de constater qu'ils sont nombreux, très nombreux ; en même temps, un type seul aurait eu du mal à préparer
des cadeaux pour les enfants du monde entier. J'aurais dû m'en douter... Je ne sais pas d'où ils viennent, mais tout ce que j'espère, c'est qu'il y en a encore beaucoup en réserve.
Parce que, franchement, le taux de suicide chez eux est très élevé. Pas besoin d'être un génie pour s'en rendre compte ; il suffit d'aller se promener en ville, où des petits pères Noël (alors
que sur les pubs, on nous montre un gros monsieur très grand...
encore une manipulation des média) pendent lamentablement un peu partout. Ben moi, ça me
fait de la peine.
Je crois que ça doit être le stress qui les pousse à se passer la corde au cou. Ils doivent être en retard sur leurs listes de cadeaux, ou les rennes doivent être malades, enfin je sais pas moi,
mais à mon avis quand Noël approche, ça doit être la folie pour eux. Les pauvres.
Le pire dans tout ça, c'est que les gens les voient mais ne s'en préoccupent pas ! Moi, quand je vois un petit père Noël qui s'est loupé et qui pendouille par le pied droit à un balcon, ça me
perturbe. A mon avis, s'ils se suicident en se pendant aux fenêtres des gens, il y a une raison : c'est pour qu'on les voit, qu'on réalise qu'ils ont une vie de merde. Et peut-être qu'ils veulent
des augmentations ?
On ne saura jamais.
Tout ça pour dire, chers lecteurs, que je compte sur vous : la prochaine fois que vous verrez un de ces malheureux pères Nono, ayez une pensée émue pour tous les autres qui ne sont pas encore
morts. Merci.